De la souffrance psychologique dans le cadre du cancer

De la souffrance psychologique dans le cadre du cancer

Selon l’Organisation Mondiale de la santé (OMS), le mot « Cancer » est un terme
général employé pour désigner un grand groupe de maladies qui peuvent toucher
n’importe quelle partie de l’organisme. L’une de ses caractéristiques est la prolifération
rapide de cellules anormales qui peuvent migrer dans d’autres organes, formant ce
qu’on appelle des métastases. Le Centre International de Recherche sur le
Cancer de ladite organisation (2018) estime que le fardeau mondial du cancer a
aujourd’hui atteint 18,1 millions de nouveaux cas et 9,6 millions de décès en 2018.

Un homme sur cinq et une femme sur six dans le monde développeront un cancer au
cours de leur vie, et un homme sur huit et une femme sur 11 meurent de cette maladie.
Cependant, dans bien de cas, la maladie cancéreuse n’est appréhendée que sur
l’aspect biomédical. Pourtant bien que le cancer soit une affection organique, elle est
une maladie qui a des retentissements sur la santé mentale des sujets atteints et même
sur l’équilibre familiale de ceux-ci (Delvaux, 2001 ; Ligue contre le cancer, 2017 ;
Altmeyer (ed), 2018 ; Taïeb et al., 2002).

Que disent les auteurs ?

C’est pour rendre compte de cet impact psychologique du cancer que

Sophie LANTHEAUME (2018) affirmait que « Lorsque
le cancer affecte le corps, il touche aussi l’esprit ». Ainsi, les personnes atteintes de
cancer peuvent par exemple subir une détérioration importante de l’image du corps
(Bouak & Bouteyre, 2010). “Le parcours réalisé par un patient cancéreux peut être perçu comme une
succession d’étapes traumatiques, avec le traumatisme inaugural de l’annonce qui sera
suivi de « retraumatisations » régulières” (Ronson, 2006. Cité par Ferrere, 2015).
Rahel Ferrere (2015) précise par exemple que le trouble anxieux, la dépression et le

trouble stress post-traumatique sont autant de psychopathologies que peuvent
développer des personnes atteintes de cancer.

Cependant dans la plupart des cas, l’attention n’est centrée que sur la personne
porteuse de la maladie, négligeant ainsi le fait que les proches peuvent également être
en souffrance. Pourtant comme le précise Karen Kraueuter (2020a), “les proches
d’une personne atteinte de cancer peuvent aussi rencontrer des difficultés
psychologiques”.

L’annonce du diagnostic de cancer est un choc non seulement pour
la personne directement concernée mais aussi pour ses proches. Ceux-ci peuvent
ressentir des difficultés telles que l’angoisse, la colère, l’impuissance face à la maladie
et à la douleur, l’épuisement généré par l’accompagnement et l’effort pour tenir, un
sentiment d’isolement et d’abandon, la colère à l’égard de la maladie ou encore du
malade lui-même, lorsque ce dernier devient difficile à vivre, un sentiment
d’étrangeté à l’égard de la personne qui n’est plus tout à fait la même (Kraueuter,
2020b).

L’impact sur la famille

Dans son livre intitulé Le cancer : une personne malade, une famille
souffrante paru en 2017, Marine Carreel met en relief l’impact qu’a le diagnostic de
cancer sur la cellule familiale. Ainsi pour Carreel, lorsqu’une personne est atteinte de
cancer, une place nouvelle lui est attribuée au sein de la famille : celle de malade.
C’est un statut auquel elle devra se conforter et qui engendre des changements au sein
du système familial. C’est donc dire que le système familial est lui aussi déstabilisé
par le cancer. Ce dernier fera par exemple naître des interrogations sur l’organisation
de la famille, ses représentations et ses mythes; les membres devant s’adapter et se
réorganiser. Il y a donc, au sein de la famille, un bouleversement tant au niveau
fonctionnel qu’émotionnel; bouleversement qui met continuellement à l’épreuve les
capacités d’adaptation non seulement du malade, mais également de ses proches
(Carreel, 2017; Delvaux, 2001).

Qu’en est-il du cancer en Afrique?

Même si l’Afrique n’est pas le continent le plus touché par le cancer, la situation
y reste néanmoins assez préoccupante. En effet, contrairement aux autres régions du
monde, elle fait partir, avec l’Asie, des continents au monde où les proportions de
décès (7,3% et 57,3% respectivement) sont plus élevées que les proportions de cas
d’incidence (5,8% et 48,4% respectivement) (OMS, 2018).
Une des spécificités de la prise en charge du cancer en Afrique est le retard au
diagnostic, qui fait que 80% des malades arrivent à un stade avancé de la maladie. À
cela s’ajoute l’absence d’infrastructures, de personnel de santé qualifiés, et le coût
prohibitif des traitements (Palliatifs sans frontière Cameroun, 2016).

La maladie cancéreuse peut être à l’origine de graves bouleversements
psychologiques tant chez les patients que chez leurs aidants naturels. Une prise en
charge psychologique peut contribuer à soulager les symptômes de détresse.

Elle doit donc systématiquement être intégrée dans l’offre de soins
proposée aux personnes directement ou indirectement aux prises avec la
problématique du cancer.

 

David EPOPA

Étudiant en 4ème année Psychologie

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