QUAND LE RACISME IMPACTE LA SANTÉ MENTALE DES NOIRS ET DIMINUE LEUR ESPÉRANCE DE VIE

QUAND LE RACISME IMPACTE LA SANTÉ MENTALE DES NOIRS ET DIMINUE LEUR ESPÉRANCE DE VIE

Étude réalisée aux USA en 2015.
Cette étude, unique en son genre, consistait à identifier qui, au sein de la promotion universitaire, était
encore en vie et qui était décédé.e. L’idée était de prendre un bassin de population issu globalement du même contexte socio-économique et de comparer leur espérance de vie. En effet, même si en tant que société l’on aime se concentrer sur les success stories, en réalité, les parcours de vie des individus, des plus riches au plus pauvres, restent très largement les mêmes sur plusieurs générations.
Ainsi en sélectionnant une prestigieuse université, l’équipe de recherche se retrouvait avec des
candidats ayant globalement le même type de background et le même type de carrière établie
devant eux.

Les constats

En dépit de la similitude des profils, le constat est très vite apparu : une grande majorité des
étudiant.e.s noir.e.s de cette promotion était d’ores et déjà décédé.e.s. À tel point que l’écart de
vie entre les étudiant.e.s blanc.he.s et les étudiant.e.s noir.e.s s’élevait à un niveau de décès 3
fois plus élevé.

Surprise par cette différence extrêmement marquée, l’équipe de recherche a élargi la population
de l’étude en comparant l’espérance de vie entre étudiant.e.s noire.e.s diplômé.e.s et
étudiant.e.s blanc.he.s ayant abandonné l’école en cours de route. Résultat ? L’écart se vérifie
à nouveau avec une différence de mortalité toujours aussi grande en faveur des érudiant.e.s
blanc.he.s.

Comparé même avec des élèves blanc.he.s ayant juste un diplôme moins élevé, les
diplômé.e.s universitaires noir.e.s meurent plus tôt.

D’où la question : que se passe-t-il ?

La 1ère dimension que l’équipe examine est celle de l’impact du racisme du côté institutionnel.
Comme prouvé, les populations racisées sont moins bien traitées au sein des milieux
médicaux : les professionnel.les de la santé ont tendance à minimiser les symptômes, à
prescrire moins de médicaments, à retenir moins longtemps à l’hôpital, à donner des soins de
moins bonne qualité, etc.. aux personnes racisées.

Cette différence de traitement a pour conséquence directe de raccourcir l’espérance de vie
des personnes racisées. Néanmoins, si ce facteur est pris en compte dans l’étude, il est toutefois considéré comme
insuffisant pour expliquer entièrement l’écart souligné. En effet, une grosse majorité de ces
individus fait partie d’une classe sociale élevée, ce qui en soi leur permet de compenser
quelque peu par un accès au secteur médical privé.

Cela n’explique pas tout

De plus, cela n’explique pas non plus la tendance des populations noir.e.s à développer plus de
problèmes de santé, à un âge plus jeune, que le reste des étudiant.e.s et ce dans le même type
d’environnement de vie. La réponse se trouve dans le racisme en tant que tel. L’équipe de recherche va ainsi estimer
que le fait même de vivre dans une société où, en tant que personne racisée l’on vous subit des
micros et macros agressions continuellement, a un impact direct sur la santé de manière très
négative.

En effet, le stress provoqué par un environnement hostile et le fait d’être perpétuellement «
sur vos gardes », a des conséquences sur le corps et le mental. Les effets physiques sont extrêmement larges puisque le stress attaque directement votre corps: pression sanguine plus élevée, plus grand risque d’ulcère, plus grandes difficultés à vous relaxer, des troubles du sommeil, de l’appétit… et les conséquences sont variées allant de
maladies cardio-vasculaires, à l’ulcère, voire des cancers.

La discrimination, le racisme et l’exclusion sociale ont des conséquences non négligeables sur la vie des victimes et sur leur fonctionnement psychologique et social.

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