COVID-19 et stratégies d'accompagnement psychologique envisageables

COVID-19 et stratégies d’accompagnement psychologique envisageables

Dans un contexte de pandémie comme celui-ci, il semble impératif de mettre sur pied les stratégies d’accompagnement psychologique efficace afin de limiter les dégâts qui peuvent être produits par cette situation sanitaire. L’ensemble de la littérature actuelle (Center for the Study of Traumatic Stress, 2020; Substance Abuse and Mental Health Services Administration, 2020; INESSS, 2020; société canadienne de psychologie, 2020 & Fédération française de psychiatrie, 2020) propose les stratégies suivantes : 

  • Diffuser des recommandations claires et explicites de la part des pouvoirs publics et remises à jour en fonction de l’évolution des connaissances. Cela implique de rester informés sur ce qu’il se passe, tout en limitant l’exposition prolongée aux médias (regarder ou d’écouter les informations 24 heures sur 24, 7 jours sur 7), car cela a tendance à augmenter l’anxiété et l’inquiétude. Ne pas oublier  que les enfants sont particulièrement affectés par ce qu’ils entendent et voient à la télévision.   
  • Permettre un ajustement des organisations en fonction des spécificités territoriales en tenant compte des caractéristiques épidémiologiques locales et des équipements disponibles. 
  • Éviter la multiplication des plateformes d’écoute et de soutien qui ne font qu’ajouter de la confusion et de l’angoisse. 
  • Sécuriser les personnels en pourvoyant aux matériels de sécurité indispensables et en conseillant le port systématique d’une blouse. 
  • S’assurer des disponibilités locales de soutien aux personnels en difficulté avec les conséquences de l’épidémie. 
  • Utiliser les médias sociaux pour partager des stratégies utiles pour faire face aux stress vécus et diminuer l’isolement et l’ennui.
  • Créer des documents d’informations facilement accessibles, destinés aux publics, qui décrivent comment faire face au stress et aux problèmes psychologiques dus à la pandémie
  • Traduire en plusieurs langues nationales les messages de sensibilisation sur la pandémie et  les stratégies de gestions de stress et de l’anxiété dus à cette pandémie
  •  Rappelons qu’une bonne communication reste la première et l’arme la plus puissante pour réduire les effets   psychologiques d’une telle pandémie. Des activités de communication publique, soulignant l’importance du rôle du personnel du domaine de la santé et des services sociaux, renforcent le sens du devoir chez ces derniers. Aui plus est, ces activités de communication amèneraient leurs proches à vouloir les soutenir davantage pour assumer les conséquences de la pandémie sur leur travail et leur vie familiale. Ce soutien des proches est un facteur de protection important qui contribue à contrer les effets néfastes de la pandémie sur leur santé mentale.
  • La population pour être rassurée doit avoir accès à des informations concrètes sur la pandémie et comprendre l’importance des mesures prises ainsi que leur partition à jouer pour la lutte contre la pandémie ; une communication de proximité serait plus adaptée dans le contexte africain, communication qui serait faite par des personnes formées pour la circonstance ou par des personnels de santé détachés.
  • La planification d’activités pendant la quarantaine peut aider à réduire l’ennui et diminuer les ruminations autour des symptômes physiques et du sentiment d’isolement. Comme indiqué précédemment, faciliter l’accès à internet et aux outils de télécommunication est important pour maintenir les liens sociaux et la communication à distance en quarantaine (Center for the Study of Traumatic Stress, 2020)
  • Pour le personnel de santé, envisager des renforçateurs sera une bonne idée. Par exemple leur donner les primes, des encouragements, augmenter leurs salaires, mettre du matériel de protection personnel à leur disposition, écouter leurs préoccupations et doléances et y répondre favorablement dans la mesure du possible sont autant d’actes qui vont motiver et  réduire l’anxiété chez le personnel. Le personnel doit aussi prendre soin de lui-même afin de mieux prendre soin des autres  en s’assurant  que ses propres besoins primaires sont satisfaits, notamment manger, boire et dormir ; s’accorder des pauses à des intervalles prédéterminés ; maintenir la communication avec des collègues et des proches (Organisation mondiale de la Santé, War Trauma Foundation, World Vision International, 2012).    

La stratégie de riposte psychologique doit être organisée autour des équipes spécialisées avec un protocole d’intervention standardisé sur l’étendue du territoire pour une meilleure intervention. Cette intervention devra s’organiser autour des cellules d’écoute par région. Lesdites cellules, pour une bonne efficacité, devront avoir au minimum 3 lignes téléphoniques vertes (qui passent sans crédit de communication) par cellule dont deux sont des contacts whatsapp pour appel vidéo (un numéro pour les patients hospitalisés et un autre pour la population) et le troisième serait un numéro d’appel ordinaire pour toute personne qui n’a pas un téléphone androïde. De ce fait, chaque service de prise en charge du covid-19 devrait également avoir un téléphone sur lequel les patients doivent joindre la cellule psy en vidéo en cas de nécessité.

Pour les patients, mettre à leurs dispositions toutes les informations pouvant leur permettre de réduire leurs inquiétudes comme par exemple, les informer sur la létalité de la pandémie, les facteurs de risque, les réalités de la maladie et les enjeux réels de leurs isolements.

 

Auteurs:

Epopa Ebene David,

Gerome Manzepo,

Claude Damien Mobio,

Etudiants en Psychologie clinique et psychopathologie

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