Covid-19 et santé mentale en Afrique, analyse comparative de la situation en Côte d’Ivoire et au Cameroun

Covid-19 et santé mentale en Afrique, analyse comparative de la situation en Côte d’Ivoire et au Cameroun

RÉSUMÉ 

La maladie à coronavirus est une infection d’un extrême potentiel de contagiosité. Les scientifiques reconnaissent pour la plupart la distanciation sociale comme mesure majeure pour lui barrer la voie. Dans ce travail nous nous sommes proposé, au moyen d’une analyse comparative de la situation au Cameroun et en Côte d’Ivoire, d’une part de faire la lumière sur l’état des lieux du Covid-19 en Afrique, sur les stratégies de riposte gouvernementale et les réactions des populations; d’autre part de mettre en lumière les répercussions psychologiques du covid-19 sur ces populations et les stratégies d’accompagnement envisageables.

De facto, les situations au Cameroun et en Côte d’Ivoire sont similaires. Cependant, on peut noter quelques particularités dues aux réalités sociodémographiques de chacun de ces pays. Les réactions des populations de ces pays sont également similaires: pour certains c’est la peur, tandis que d’autres se livrent à des conduites négligentes et irresponsables.

Mots clés : covid-19, confinement, Cameroun, Côte d’ivoire, soutien psychologique

INTRODUCTION 

En décembre 2019 la chine lança l’alerte d’apparition d’un nouveau virus: le coronavirus 2019 (COVID-19). Il fit son apparition à Wuhan, dans le centre de la Chine. Le virus se propage partout dans le monde à une vitesse exponentielle, plongeant ainsi les populations dans une énorme panique.

L’Afrique n’en sera pas épargnée. Le premier cas de covid-19 est apparu en Afrique en février 2020 en Egypte. Aujourd’hui, sur les 54 pays que compte le continent Africain, 53 sont désormais touchés par le covid-19. Selon le bulletin d’informations N° 17 du Centre pour la prévention et le contrôle des maladies de l’Union Africaine, le continent Africain comptait au 12 mai 2 336 décès confirmés pour 66 373 cas enregistrés.

Toutefois, cette pandémie ne sera pas sans conséquences sur  la santé mentale des populations ; santé mentale entendue ici selon l’OMS comme un état de bien-être qui permet à chacun de réaliser son potentiel, de faire face aux difficultés normales de la vie, de travailler avec succès et de manière productive et d’être en mesure d’apporter une contribution à la communauté.  Cependant, il conviendrait dans cet article de répondre aux interrogations suivantes : quel est l’état des lieux du covid-19 dans les pays africains?

Quelles sont les stratégies de riposte gouvernementale et les réactions des populations? Quelles en sont les répercussions psychologiques et les stratégies d’accompagnement pouvant permettre de les contourner? Voilà autant de questions auxquelles nous nous proposons, au moyen d’une analyse comparative de la situation au Cameroun et en Côte d’Ivoire, d’apporter des réponses.

ÉTAT DES LIEUX DU COVID-19

Le Cameroun et la Côte Ivoire, deux pays africains qui comme d’autres pays du monde entier ne seront pas épargnés de cette pandémie qui frappe violemment le monde. Ils sont respectivement pays d’Afrique central et d’Afrique de l’Ouest.

Le Cameroun   est l’un des premiers pays d’Afrique central à être touché par le covid-19 dès le 06 mars dernier, et  aujourd’hui le 5eme pays sur le continent africain qui enregistre le plus de cas de  covid-19 derrière l’Afrique du sud, l’Algérie, le Ghana et le Nigeria avec 2579 cas confirmé et 114 décès (OMS , 2020). De nos jours, les chiffres du ministère de la santé publique  sont repartis comme suit:

En Afrique : 53 pays touchés avec 432 993 cas confirmés dont 1 786, Taux de létalité : 4,1% 

Au Cameroun : 

  •  201 nouveaux cas confirmés (128 au Centre, 11 à l’Est, 1 à l’Extrême-Nord, 32 au Littoral, 7 au Nord, 18 à l’Ouest, 2 au Sud et 2 au Sud-Ouest) entre le 01 et le 03/05/2020 
  •  Au total : 2 265 cas confirmés (5 à l’Adamaoua, 1 280 au Centre, 19 à l’Est, 2 à l’Extrême-Nord, 771 au Littoral, 12 au Nord, 11 au Nord-Ouest, 121 à l’Ouest, 11 au Sud et 33 au Sud-Ouest), sex-ratio (H/F) = 2.5, âge médian 36  ans (3 mois – 82 ans) 
  •  108 décès (62 au Centre, 38 au Littoral, 1 au Nord, 6 à l’Ouest et 1 au Sud-ouest), taux de létalité : 4,8% 
  • 934 personnes guéries (480 au Centre, 1 à l’Est, 396 au Littoral, 35 à l’Ouest, 5 au Sud et 17 au Sud-ouest)

En côte d’ivoire également, les chiffres ne cessent de monter même si la pandémie ne se répand pas sur toute l’étendue du territoire. Selon un rapport officiel du  Ministère de la santé et de l’hygiène publique de ce mardi 12 Mai, le pays compte : 1857 cas confirmés dont 820 personnes guéris, 21 décès et 1016 cas actifs.

STRATÉGIES DE RIPOSTE GOUVERNEMENTALE

La situation a amené les gouvernements à prendre des mesures fortes pour barrer la route audit virus. Au Cameroun, dans un communiqué du 17 mars dernier, le premier ministre portait à la connaissance de l’opinion publique les mesures de restriction prises par le président de la république pour limiter la propagation du virus. Le virus arrivera un peu plus tard en côte d’ivoire. Mais très tôt, le gouvernement comprendra l’ampleur de la situation et mettra sur pied un plan de riposte.

En effet ces stratégies ont été mise en place par le gouvernement ivoirien depuis le 21 mars 2020  soit 4 jours après le Cameroun. Ces stratégies de riposte sont presque les mêmes à quelques exceptions près.  Lesdites mesures allaient de la fermeture des frontières terrestres, aériennes et maritime des deux pays à la régulation des transports en commun ( bus, taxis et mototaxis), sous le contrôle des forces de l’ordre; en passant par la fermeture de tous les établissements publics et privés de formation relevant des différents ordres d’enseignement de la maternelle au supérieur, y compris les centres de formations professionnels et les grandes écoles;

l’interdiction des rassemblements de plus de cinquante personnes sur toute l’étendue du territoire nationale; le report à une date ultérieure des compétitions sportives, scolaires et universitaires, le lavage des mains avec du savon ou du gel hydro-alcoolique , le respect d’une distance de 1 mètre entre les personnes. Par la suite s’en suivait  la mise en place d’un centre d’appels dédié au covid-19 et d’un système d’alerte et de suivi des cas suspects ; la fermeture dès 18 heures de tous les débits de boissons, des restaurants et les lieux de loisirs, sous le contrôle des autorités administratives et la fermeture des marchés à partir de 16h ; l’instauration des cours sur les chaines nationales (CRTV et RTI) pour les classe d’examen.

MESURES DE PROTECTION ET DE SENSIBILISATION

Par la suite, certaines mesures complémentaires ont été prises, telles que le port de masque obligatoire  des affiches de sensibilisation sur les panneaux  publicitaires dans les villes , la diffusion des messages de sensibilisation sur la chaine nationale et aussi sur le numéro de téléphone de chaque citoyen tous les jours et enfin installation de centres de dépistage dans les grandes communes d’Abidjan ( Yopougon  , Cocody , Marcory , Treichville , Plateau , Koumassi ) et dans les centres de prise en charge agréés au Cameroun.

Les éléments de différences entre ces mesures se trouvent au niveau du port obligatoire des masques dans les premier mesure en Côte d’ivoire, le couvre-feu de 21H-5H au début et après de 23h-04h, l’interdiction des déplacements non autorisés entre Abidjan et l’intérieur du pays , le confinement des populations, la création de couloirs humanitaires pour venir en aide aux personnes ou communautés ayant un besoin urgent d’assistance ,le renforcement des capacités des industries pharmaceutiques, la distribution de masques, de sceaux et de savon liquide à l’entrée de chaque quartier, la distribution de quelques vivres aux familles les plus démunies. Cependant, au Cameroun, on note les cours en ligne pour les étudiants.

Selon les rapports de situation covid-19 N°20 et N°24 du ministère de la santé publique du Cameroun (minisanté, 2020; minisanté, 2020), le ministère de la santé quant à lui coordonne le suivi clinique des patients dans les formations sanitaires et les sites de quarantaine, le renforcement des actions de prévention et de contrôle de l’infection dans les centres d’isolement et de prise en charge, pour ce qui est de la prise en charge clinique. Au niveau de la prise en charge en psychologique, on note une validation des outils de communication spécifiques à la prise en charge psychologique le 04 mai 2020 à Yaoundé, un appui psychologique aux patients lors du rendu des résultats dans la région du Centre, et une Décentralisation des activités de prise en charge (en cours) (rapport de situation covid-19 N°24, MINSANTE).

Nous notons donc que même si la formulation et la stratégie de communication de ces mesures paraissent différentes, le font est le même sur plusieurs plans étant donné qu’elles se fondent sur des recommandations scientifiques liées à la connaissance qu’on a de la pandémie.

RÉACTIONS DES POPULATIONS

Avant d’aller plus loin il serait judicieux de souligner que les réactions que nous citerons ici ne sont pas issues d’une étude scientifique mais d’une observation libre que nous avons faite sur le terrain depuis le début de la pandémie jusqu’à son arrivé en Afrique. Au vu des observations, les réactions sont les mêmes dans les deux pays allant du déni de la maladie au non-respect des mesures barrières.

Ces différents comportements que nous observons au quotidien dans les grande villes sont : le non-respect de la distance d’un mettre imposée par le gouvernement, le non-respect du port obligatoire de masque, le non-respect de la fermeture des lieux de loisir aux heures recommandées. Nous observons également la peur et le stress chez des individus. Grosso modo, nous pouvons regrouper ces réactions en deux catégories :   

Chez certains, c’est la peur totale. La peur de se faire infecter, la peur de voir un de ses proches infectés, la peur de mourir ou de voir un de ses proches mourir de suite de covid-19, ou encore la peur que la situation perdure. 

Chez d’autres, c’est le déni de la situation. Pour eux, il n’y aurait pas de covid-19 au Cameroun. Ils ont des expressions telles que “c’est une maladie des blancs, « les chiffres affichés par le ministère de la santé sont faux, il n’y a pas de malade dans le pays c’est juste une ruse pour bénéficier de l’argent des organisations internationales », elle ne peut s’attaquer aux noirs”, ou encore “le noir est trop fort, son organisme est trop résistant”. La conséquence de ce mode de penser est qu’on observe chez ces derniers un non-respect des mesures barrières, toute chose qui les amène alors à mettre non seulement leurs vies en danger mais également celles de leurs proches. On note aussi la crainte  des hôpitaux (les malades refusent d’aller à l’hôpital de peur qu’on dise qu’ils ont le covi-19). 

 Au niveau des comportements face au covid-19 on observe quand-même une différence de réaction sur le respect des mesures de confinement qui paradoxalement n’a pas été annoncée de façon officielle au Cameroun mais respecté de façon volontiers par certains. Ce respect découlant d’une réaction de  peur. Ils restent enfermés chez eux, limitant au maximum le contact avec l’extérieur. A contrario, on  retrouve les autres regroupés dans les maquis (bars), on les voit se déplacer sans cache-nez après l’annonce des mesures d’assouplissement annoncées par le gouvernement.

Comment  comprendre que face à un danger réel et aussi violent que le covid-19, les gens puissent avoir des comportements aussi négligents et irresponsables? Pourtant du côté de la Côte d’ivoire où cette mesure a été imposée, on observe un boycott effectif de cette dernière.

LES RÉPERCUSSIONS PSYCHOLOGIQUES DU COVID-19

Par répercussions psychologiques nous entendons les conséquences néfastes du covid-19 sur le plan comportemental, cognitif, affectif et social. Notons que le covid-19 comme toute autre maladie organique à des répercussions sur la santé mentale de la population. Ainsi, la question n’est pas de savoir s’il peut avoir des impacts psychologiques du covid-19, mais plutôt de savoir quels sont ces effets psychologiques.

La contagiosité et la létalité de cette pandémie est  de sorte qu’on ne peut ignorer l’impact psychologique que cela entraîne chez la population que ce soit les patients, les proches des patients, le personnel soignant ou l’ensemble de la population en générale. Une revue rapide portant sur 24 études, rapporte les effets néfastes suivants chez les personnes infectées placées en quarantaine : la peur de mourir, de la confusion, de la colère, le sentiment de se sentir détaché des autres, le sentiment d’impuissance, de l’anxiété, de l’irritabilité /colère, de l’insomnie, une faible capacité de concentration, une détresse psychologique élevée et des symptômes de stress-post traumatique (Brooks et al., 2020).

QUELQUES OBSERVATIONS

Au niveau de la population générale : au Cameroun comme en Côte d’ivoire, on observe de l’inquiétude, la peur et le stress liés d’une part au covid-19 lui-même et d’autre part aux mesures prises par les gouvernements pour faire face à cette pandémie. Comme nous l’avons vu plus haut, la réaction des populations face au covid-19 et aux mesures gouvernementales le traduit bien. On peut lire une « psychose » installée par cette pandémie dans la population.

L’émotion la plus exprimée étant la peur, une peur excessive et prolongée peut  entraîner des troubles de panique, des crises d’angoisse, les troubles anxieux… le fait que la population vive dans l’inquiétude permanente et l’incertitude de la fin de la pandémie, affaiblit le système de défense psychologique car les études ont montré que le cerveau humain ne supporte pas l’incertitude et la solitude (Bohler, 2020). Dans le cas d’espèce, le cerveau se trouvant dans l’incapacité d’anticiper sur la situation, reste permanemment actif et  sous stress.

Un sondage effectué sur 1354 canadiens en début février 2020 indique que : 33% des répondant sont inquiets par rapport au virus ; 33% ne sont pas confiant que le système de santé se soit préparé pour faire face à la pandémie (Asmundson et Tayor, 2020a cité par INESSS, 2020). Un autre sondage réalisé en Chine en début de la pandémie par Wang et al. sur 1210 répondants indique que 54% des populations rapportaient les effets psychologiques modérés ou sévères ; 17% les symptômes dépressifs modérés ou sévères ; 29% les symptômes anxieux ou sévère ; 8% un niveau de stress modéré ou sévère (institut national d’excellence en santé et en service sociaux (INESSS), 2020). 

Force est de constater que dans les études récentes, les répercussions psychologiques fréquentes sont entre autres, la peur d’être infecté, la peur de mourir, l’insomnie, la colère, la nervosité, le sentiment d’impuissance, le cauchemar…

CONSTATS SOCIAUX

Au niveau de la population infectée : au Cameroun, en Côte d’ivoire, comme dans le reste des pays du monde, la prise en charge des cas de covid-19 se fait en isolement (Center for the Study of Traumatic Stress, 2020) et cet isolement  des patients vient rompre avec les relations entre soignants/soignés et les relations sociales chaleureuses qui se vivent dans le contexte africain. La problématique au cœur de cette population aux prises avec le covid-19 est celle de la solitude donc le risque éminent est le suicide. Notons aussi que l’incertitude, l’inquiétude et l’angoisse de mort ne sont pas en reste lorsqu’il faut parler de la prise en charge d’un patient dans la solitude absolue et entaché de stigmatisation.

La perte des soutiens sociaux et de la routine sont des facteurs qui cultivent le sentiment de blâme et nourrissent  les idées noires (Center for the Study of Traumatic Stress, 2020 & Substance Abuse and Mental Health Services Administration, 2020).      

En plus de la durée de la quarantaine, la peur pour sa propre vie ou d’infecter les autres, la frustration et l’ennui causés par le confinement, la perte de la routine, la réduction des contacts sociaux et physiques, le manque de provisions de base (eaux et nourritures), les informations inadéquates, les pertes financières sont aussi des facteurs qui peuvent influencer négativement la santé mentale en cette période.

SITUATION DES SOIGNANTS

Au niveau des soignants : au Cameroun, en Côte d’ivoire, comme dans le reste du monde, la pandémie du corona virus était une surprise, surprise qui va mettre en mal le système de soins ordinaire, amenant ainsi le personnel à adopter  de nouvelles méthodes, de nouvelles données, une nouvelle configuration du système de santé en générale et d’administration des soins en particulier.

Cette pandémie met en mal la construction scientifique et met les limites sur les croyances et les représentations des uns et des autres, elle rompt la routine du soignant et lui impose une nouvelle façon de faire qui va souvent en contradiction avec ses convictions personnelles et même scientifiques. On lit de l’inquiétude, l’anxiété, la peur d’être infecté, infecté ses proches et d’en mourir ou de voir ses proches en mourir étant donné que certains soignants sont morts de suite de cette pandémie (institut national d’excellence en santé et en service sociaux (INESSS), 2020). 

Les comportements d’évitement comme par exemple : Éviter les personnes qui toussent, éviter les foules et les endroits publiques ainsi que les comportements d’hyper vigilance tel que continuer de se laver les mains au-delà de la période prescrite sont des comportements qui peuvent perdurer dans le temps (Brooks et al, 2020). 

Cependant, certains facteurs peuvent créer une différence au niveau des répercussions psychologiques d’un pays à un autre. Ces facteurs sont souvent liés aux données sociodémographiques, au contexte culturel et aux habitudes de la population.

FACTEURS DE STRESS ET DE RISQUE SUPPLÉMENTAIRES

En Côte d’ivoire par exemple, dans une capitale comme Abidjan qui dépasse les 5 millions d’habitants et où les violences conjugales faites aux femmes battent leur plein, avec plus de 70% en 2019, cette période de confinement qui implique de rester constamment chez soi pourrait occasionner l’accroissement de violences conjugales qui eux peuvent avoir des conséquences sur la santé mentale. Cela constitue un facteur de vulnérabilité psychologique important qui, associé à l’inquiétude et l’incertitude dus au covid-19 entraînerait des conséquences psychologiques désastreuses à court ou à long terme.  

Au  Cameroun par contre, la situation sociale rend la vie difficile lorsqu’il faut faire une rupture de lien d’avec les siens, les accompagner sans pouvoir être présent, les soutenir sans les toucher. L’incertitude, l’anxiété et la peur envahissent  les proches des patients. Nous pouvons par exemple comprendre le témoignage de cette dame dont l’époux a été testé positif au covid-19 : « mon mari a été testé positif et désormais c’est la panique à la maison, nous avons plusieurs enfants et je me suis rendue à l’hôpital pour faire dépister ma petite famille mais le kit n’était pas disponible ; on nous a demandés de rester chez nous. Depuis je suis à la maison avec mes enfants et je ne sais plus quoi faire »

Ou  encore cette autre dame qui disait : « je suis dans la même maison avec mes enfant sans pouvoir les toucher ; je suis obligée de leur parler à travers une porte fermée ou d’un téléphone. Je ne sais même pas pour combien de temps est ce que ça va durer ; j’ai trop envie de sortir et de prendre mes bébés dans mes bras quand je l’entend pleurer mais je me dis après qu’il faut que je les protège car je ne sais même pas si je suis positive ou pas. Je suis vraiment perdue ! Je ne sais plus quoi faire. Je suis confinée dans ma chambre depuis 8 jours qu’on m’a dit qu’une équipe devait venir me dépister sur place ».

Ces témoignages nous décrivent toute la souffrance et la détresse que vivent les proches des patients et des personnes en attente de prélèvement au Cameroun. Eu égard de ce qui précède, le gouvernement dans sa stratégie de riposte contre cette pandémie a mis sur pied des cellules d’écoute psychologique dont une à l’hôpital central de Yaoundé et l’autre à l’hôpital Laquintinie de Douala, lesquelles  permettent d’assurer le suivi psychologique des populations (patients, personnel de santé et toute personne dans le besoin d’un suivi psychologique) à travers les numéros verts.

CONCLUSION

Le covid-19 est une réalité face à laquelle le comportement de certains  africains suscite encore des inquiétudes et ne facilite pas la riposte face à ce virus. Au terme de ce travail où nous étions appelés à faire la lumière sur la situation du covi-19 en Afrique à travers une analyse comparative des stratégies prises au Cameroun et celles prises en Côte d’ivoire d’une part, et d’autre part de leurs répercussions psychologiques, nous avons présenté la situation dans les deux pays ; présenté les mesures de riposte des gouvernements et à la lumière de la littérature actuelle et de nos observations nous avons montré les impacts psychologiques du covid-19 et les stratégies d’accompagnement psychologique envisageables dans le contexte africain. Une prise en charge réussie du covid-19 ne peut se faire sans intégration de la prise en charge psychologique.

 

 

Auteurs: EPOPA EBENE David Donald ; MENZEPO Gérôme Didié ; MOBIO Damien

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